Curieux ou curieuses à propos du déroulement de mon troisième stage? Poursuivez votre lecture en cliquant sur le titre de ce billet!

Voici le message qui a tout initié:
Martine: «Janie, je voudrais savoir si ça t’intéresse qu’on fasse une rubrique: une stagiaire et sa maitre-associée se répondent. Nous pourrions écrire des commentaires sur ton stage régulièrement, je suis prête à me prêter au jeu.»
Moi: «Je trouve l’idée très intéressante! Ça rendra mon dossier professionnel encore plus dynamique. Je publie un billet et on se répondra via la section commentaires.»

À titre d’information, mon stage se déroule dans une classe de deuxième cycle à l’école alternative Atelier où se vit la pédagogie ouverte. Pour de plus amples informations sur cette dernière, lire les livres de Claude Paquette présentés dans la section lectures en cours.

Un article paru dans Le Devoir du 16 octobre dernier et contenant des propos assez alarmants de la ministre de l’Éducation à propos de la réforme et de la maîtrise du français par nos enfants m’a grandement interpelée. Alarmants parce que ce n’était pas un simple citoyen qui tenait ces propos, mais une personne occupant un poste de grande importance, soit celui de ministre de l’Éducation. En fait, c’est l’article tout entier qui m’a secouée. Courchesne craint la réforme au secondaire pouvait-on lire en grosses lettres. J’ai eu l’impression de lire de la désinformation plutôt que de l’information. «Tout est de la faute de la réforme!», pouvait-on en conclure.

 

C’est pourquoi je sautais pratiquement de joie ce matin en lisant l’article de Paul Inchauspé, Enseignement du français et réforme du programme d’études – De l’enseignant technicien au professionnel. C’était exactement le texte que j’aurais voulu écrire! En bref, il rappelle qu’avec la réforme, le temps accordé à l’apprentissage du français au primaire et au secondaire a été augmenté de façon importante. Il poursuit en explicant que le nouveau programme n’a jamais laissé tomber les connaissances. En réponse à la controverse autour des compétences, il écrit: «Ce sont là des savoir-faire intellectuels qui se développent par la pratique et se manifestent dans la mise en oeuvre. Il faut des connaissances, des règles et des stratégies, mais tout cela n’est véritablement acquis que si on est capable de les mettre en pratique.» Il finit son texte avec ce qui me semble le plus important, le fait que l’enseignant du XXIe siècle est un professionnel choisissant lui-même les moyens et non un technicien applicateur de procédures prédéterminées.

 

Bref, je vous suggère fortement de prendre le temps de lire ces deux articles et de vous faire votre propre opinion. J’espère qu’ils vous feront réagir autant que moi et j’ai hâte de lire vos commentaires!


C’est lors de mon premier stage que j’ai découvert les ouvrages de Mme Caron. M. Jacob, notre superviseur, nous en avais parlée avec tant d’intérêt que je n’ai eu d’autre choix que de m’y intéresser. J’ai donc décidé de me faire un cadeau et de m’acheter le premier volume sur la gestion de classe participative. À ce moment, le concept de gestion de classe me faisait un peu peur. Je n’avais aucune expérience avec un groupe d’enfant aussi important qu’une classe!

Ce qui m’a tout de suite plu de ce guide, c’est la grande place accordée aux enfants dans la gestion de la classe (d’où l’expression gestion de classe participative). Le contexte de cette dernière n’est plus une dictature, mais une démocratie ou les pouvoirs et les tâches sont partagés équitablement. Cela a pour effet d’impliquer davantage les enfants dans leurs apprentissages et dans la vie de la classe ainsi que d’enlever une charge de travail superflue à l’enseignant. Cette vision suppose aussi un travail d’analyse et de remise en question constant de la part de ce dernier, chose que je trouve extrêmement motivante et stimulante.

Bien que Jacqueline Caron s’adresse d’abord à des enseignants désirant innover dans leur pratique, je l’ai lue avec un grand intérêt. À chaque page que je tournais, je me disais : «C’est ça que je veux faire, c’est comme ça que je veux être!»

Bref, gestion de classe participative et différenciation pédagogique sont deux thèmes récurrents dans mes réflexions que je souhaite approfondir et mettre en pratique à chaque fois que ce sera humainement possible de le faire.

 

Cette valeur est très importante pour moi. Je me considère comme étant une personne persévérante. Je ne recule jamais devant les difficultés et j’estime que mes futurs élèves devront en faire autant. Je sais que cela peut être pour certains un très grand défi, mais je crois que je serai capable de les guider et les soutenir. En effet, je pratique le karaté depuis maintenant trois ans et je suis donc constamment hors de ma zone de confort. J’ai eu la chance d’avoir de la facilité à l’école. Cependant, lorsqu’il s’agit d’activités sportives et non académiques, je deviens une élève en difficulté! C’est exactement ce qui se passe au karaté. Bien que ce soit un apprentissage difficile pour moi, je persévère et vise haut. J’essaie de me trouver un point positif par cours et tente (même si c’est très difficile) de ne pas porter toute mon attention sur mes difficultés. Ainsi, je crois que le karaté m’aura permis de comprendre davantage comment se sentent les élèves en difficultés.

C’était un vendredi matin. Je prenais la classe en charge seule pour la première fois et je devais faire faire aux enfants de première année leur dictée… Résultat au bout d’une heure: perte de contrôle quasi totale. J’écris quasi puisque j’ai réussi, en prenant je ne sais trop quel ton de voix et expression faciale, à obtenir un silence complet.

 

À se moment, je me suis assise devant le groupe en ayant aucune idée de ce que je devais faire. J’ai pris quelques grandes inspirations et me suis souvenue, comme par magie, de ce que j’avais lu dans Quand revient septembre de Jacqueline Caron.

 

J’ai donc commencé par exprimer aux enfants comment je me sentais et j’ai ensuite commencé une discussion avec eux sur ce qu’est un bon élève et une bonne enseignante. Étonnamment, c’est le «ti-cactus» du groupe qui a donné le plus d’éléments! J’ai donc bâti avec les élèves mon premier référenciel disciplinaire. J’ai réalisé à ce moment que ma gestion de classe ne pourrait être autre que participative.

 

J’y crois toujours.

 

«Il est plus facile de “bâtir” un enfant que de “réparer” un adulte.» Auteur inconnu.

«Il n’y a pas d’enfant méchant, il n’y a que des enfants souffrants.» Mariette Gervais

«A teacher influences eternity: he never knows where his influence stops.» Thomas More, XVIe siècle.

«Il est plus facile de “bâtir” un enfant que de “réparer” un adulte.» Auteur inconnu.

«Il n’y a pas d’enfant méchant, il n’y a que des enfants souffrants.» Mariette Gervais

«A teacher influences eternity: he never knows where his influence stops.» Thomas More, XVIe siècle.

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