Défi


C’est fini. Fini d’être fainéante et de repousser le moment de me replonger dans l’univers de la littérature jeunesse. Je me rends compte aujourd’hui qu’à l’exception des albums, je suis loin de m’être appropriée cette littérature qui, pourtant, est si précieuse au rôle d’enseignant. Je l’ai compris en lisant l’ouvrage d’Yves Nadon, Écrire au primaire. En effet, «Les bons livres créent de vraies attentes et rendent la destination claire. […] Ce que j’apprends en lecture devrait me servir en écriture, quoi! »  La présentation d’un bon livre en classe permet non seulement de discuter de l’œuvre elle-même afin d’améliorer les compétences en lecture des élèves, mais aussi d’y faire référence lors d’atelier d’écriture. Le livre sert alors de tronc commun au groupe pour aborder ou consolider une notion. Bref, quoi de mieux pour sortir de la fainéantise qu’un livre intitulé : La fatigante et le fainéant ?

Il s’agit d’un petit roman écrit par François Barcelo et publié chez Soulières Éditeur. Il met en scène une vielle dame solitaire qui est découragée de la jeunesse d’aujourd’hui et un ado qui semble ne jurer que par la loi du moindre effort. Tout semble les opposer, autant leur vie que leurs points de vue. C’est justement ces deux points de vue qui font le charme de ce livre. En effet, le lecteur alterne régulièrement entre le point de vue de la vielle fatigante et celui du jeune fainéant. Le lecteur a donc droit aux deux côtés de la médaille. Il s’en suit une histoire touchante et rigolote qui rejoint facilement les préoccupations des jeunes. Y sont abordés des thèmes tels que la solidarité, l’argent, la solitude, l’isolement, l’adolescence et j’en passe.

En lisant ce roman, je me suis tout de suite dit qu’il serait intéressant de suggérer aux enfants d’écrire une histoire à deux voix, en alternant régulièrement entre les deux points de vue. Ils pourraient aussi écrire sur leur relation avec leurs grands-parents ou une autre personne âgée de leur entourage. Les valeurs de l’argent et de l’effort seraient tout aussi intéressantes à exploiter. Finalement, l’idée de mettre en relation deux personnages qui ont des caractéristiques opposés (fatigante/fainéant, drôle/colérique, lunatique/énergique…) est prometteuse.

S’il advient que vous lisiez ce livre, n’hésitez pas à ajouter vos commentaires et suggestions. Ils seront fort appréciés!

Barcelo, François. 2006. La fatigante et le fainéant. Collection Chat de gouttière. Saint-Lambert : Soulières Éditeur. 105 pages.  Nadon, Yves. 2007. Écrire au primaire: réflexions et pratiques. Montréal: Chenelière Éducation. 182 pages.

La mi-session n’est même pas commencée et déjà, je pense au stage de l’an prochain! Je me rends compte qu’il y a tellement de choses que je désire savoir et consolider… Autant commencer tout de suite! Voici donc un des deux défis sur lesquels je travaillerai activement durant les prochains mois. Enfin, disons que je travaillerai davantage sur le côté théorique, puisque la pratique ne viendra que l’hiver prochain. Je vous présente donc un de mes deux défis écrits sous forme de lettre à moi-même (merci à Maria pour l’idée!).

« Ma très chère Janie, 

Te voilà maintenant à l’aube de ta cinquième session universitaire. Cela fait deux ans et demi que tu te prépares afin qu’un jour, tu puisses exercer la profession pour laquelle tu te crois destinée : l’enseignement. Tu es arrivée à Montréal avec un souvenir vaporeux de l’école primaire, plus rose que noir pour ne pas dire complètement rose! Déjà au premier stage, tu t’es rendue compte qu’on ne faisait pas seulement qu’enseigner en enseignement. Au deuxième et au troisième stage, la même réflexion t’es venue : «Il y a tellement de choses auxquelles on doit penser!» Malgré certains doutes et quelques craintes qui se sont tranquillement immiscés dans ton jolie rêve, tu t’es découvert un instinct de pédagogue. Sans le savoir, tu as posé des gestes, dit certaines choses et intervenu comme il le fallait. Tu as réalisé que tu te sentais bien dans le milieu, que tu pouvais t’y mouvoir avec autant d’aisance qu’un poisson dans l’eau. Tu aimes le contact avec les enfants, tu leur fait confiance et la plupart te le rendent bien. On te dit douce et souriante.

Au fil des mois, tes conceptions de l’enseignement, de l’apprentissage et de la gestion de classe se sont transformées. Bref, tu y as beaucoup pensé! Tu sais que l’enfant peut vraiment être au cœur de ses apprentissages. D’ailleurs, ton stage en école alternative t’en a donné la preuve. Tu crois à la différenciation des apprentissages et à la pédagogie ouverte, bien que cela demande beaucoup d’investissement autant de ta part que de celle des élèves. Tu as aussi adopté la gestion de classe participative et ce, depuis le premier stage. Il ne te reste qu’à en maîtriser tous les rouages.

À la fin de ton troisième stage, tu as constaté que tu avais besoin d’instaurer un référentiel disciplinaire afin d’assurer une saine gestion de classe, chose que tu n’avais pas faite. Un peu naïvement peut-être, tu avais repris le mode de fonctionnement de ton enseignante associée. Certes, il fonctionnait très bien avec elle, mais tu n’avais pas pris en compte que cela faisait plus de dix ans qu’elle exerçait ce beau métier et qu’elle bâtissait sa relation avec ses élèves depuis quatre mois déjà. Ne t’inquiète pas! Cela n’a pas été catastrophique, loin de là. Cependant, encore quelques semaines et tu perdais un élève, un leader négatif de surcroit. C’est pourquoi je pense que de te donner la gestion de classe comme défi serait une bonne chose. Oui, tu as déjà fait tout un travail là-dessus avec Mariette, mais il faut croire que tu devais aller sur le terrain pour constater qu’il n’était pas assez adapté à tes besoins. Prends le temps de repenser à ton référentiel disciplinaire et par le fait même, à tes valeurs.

Ton prochain stage sera avec des élèves du troisième cycle. Fais tes devoirs en conséquence! Depuis le début que tu es avec les petits, c’est normal que tes façons de faire leur soient adaptées. Toutefois, tu ne pourras demander le silence de la même façon à des élèves de sixième année qu’à ceux de maternelle. Tu sais, la gestion de classe, c’est comme la gestion d’un navire. Si le capitaine manque un tant soit peu de confiance en lui, il perdra progressivement celle de ses matelots et aura beaucoup plus de difficulté à les guider à travers la tempête. À l’opposé, un capitaine en pleine possession de ses moyens et exprimant ses limites et ses exigences de façon claire, nette et précise saura à coup sûr les guider vers le prochain port. [...] »

À suivre…

«[...] Mis à part la gestion de classe, qu’est-ce qui te préoccupe le plus par rapport à ton prochain stage? Plus tu y penses et plus tu te dis que la planification des contenus, des types d’activités, des devoirs, des périodes de récupération et des projets te demanderont beaucoup d’effort. Le fait est que ton troisième stage ne t’a pas amenée sur le chemin d’une planification aussi complète et rigoureuse. Le milieu alternatif donnait beaucoup de responsabilités aux élèves, dont celle de planifier leur horaire en tenant compte des diverses échéances. Ta planification s’est donc résumée à l’élaboration et au choix d’activités ouvertes d’apprentissage. Tu as aussi planifié quelques périodes d’enseignement collectif. Peut-être essayeras-tu d’amener avec toi une parcelle d’alternatif dans ton prochain stage. Cependant, tu seras à coup sûr en milieu traditionnel et tu n’auras d’autre choix que de planifier davantage. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un défi chez toi. Tu as su faire la preuve lors de ton deuxième stage que tu es une future enseignante organisée qui sait bien planifier. Nous irons donc du côté de la bonification. Ah oui! Dans tes futures planifications, n’oublie pas d’inclure un plan B pour palier aux imprévus, comme tu l’as appris durant ton stage au préscolaire.  

Mais qu’entends-tu par planification exactement? Bon, faisons la liste de tout ce que tu crois devoir planifier : temps accordé à chaque matière, séquences d’apprentissage, temps et méthode d’évaluation, travaux, exercices et devoirs, périodes de récupération, sorties culturelles, etc. Tu réalises maintenant que c’est un défi plutôt englobant! Tu devras accorder beaucoup d’importance à l’évaluation. Quand observeras-tu dans le but d’évaluer? Quelle compétence  cibleras-tu, quelle composante? Comment en garderas-tu des traces? Il sera aussi très important que tu maîtrises les contenus disciplinaires. Il est vrai que plusieurs savoirs essentiels sont inscrits dans le programme, mais ce n’est pas tout! Mieux tu seras informée et plus solide sera ta planification. Cela aura aussi un impact sur ta confiance et ton aisance en classe. Tu n’auras pas l’impression d’improviser et de patiner plus souvent qu’autrement! 

 Voilà. Je ne sais quoi te dire de plus par rapport à tes deux défis. Chose certaine, tu es à ta place en enseignement et si tu continues à te poser des questions et à t’auto-évaluer régulièrement, tu connaîtras une carrière longue et heureuse! Bon succès!

 Janie Lafrenière

Le 14 janvier 2008»

 Voilà! Si vous avez des conseilles en lien avec mes deux défis, n’hésitez pas à m’en faire part!